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Affaire Diary Sow: Si la réalité dépassait la fiction Pathé MBODJE

Le silence subit des autorités sénégalaises dans l’affaire Diary Sow est un signe de vie qui maintient l’espoir : il est le protocole diplomatique adopté en cas de disparition et laisse suggérer que des démarches d’une haute importance sont en cours pour permettre à Diary Sow d’être libre de ses mouvements ; la fille a disparu depuis le 4 janvier, officiellement.

La sérénité lors de l’annonce officielle, la seule à date, de l’ambassadeur du Sénégal en France le 11 janvier a valu à El Hadji Maguette Sène une volée de bois vert sur les réseaux sociaux de la part de nombreux intervenants qui n’ont pas compris l’essentiel : on ne fait pas de diplomatie sur la place publique ; l’ambassadeur avait dit l’essentiel, à savoir que les recherches permettaient de penser que Diary Sow est encore en vie : la visite dans les structures hospitalières n’avait pas prospéré, ce qui devait être un soulagement.

Ce silence balaie par ailleurs toutes les autres supputations littéraires ou inquisitoires des uns (La police envisage désormais une disparition volontaire, Le Parisien N° 23754 du mercredi 13 janvier 2021, page 12)  et des autres qui expliquent la situation actuelle par une vie antérieure déjà vécue, romancée, avant d’être enfin réalisée loin d’un substrat social et un maelström traumatisants (Voir en page 5, notamment) : l’enjeu sur ses frêles épaules est certes grand, mais Diary Sow a traversé la tempête pendant deux grandes saisons où elle a été exposée au regard admiratif ou ludique de la société pour avoir été consacrée à deux fois l’élite de sa génération avec tout ce que cela signifie comme sollicitations, intermédiations, interventions et autres.

Diary Sow a appris très tôt à vivre et à survivre en milieu hostile : d’abord au sein de sa famille avec une fratrie assez consistante mais non pathologique dans le contexte social sénégalais de naguère avec une taille de la famille avoisinant les 10 éléments en moyenne, dans les années 70, avant de descendre vers les 8 unités durant le vécu de Diary Sow ; au demeurant, elle a adoré ses trois frères et ses deux autres sœurs.  Ensuite Diary Sow intègre une école sénégalaise malthusienne à souhait où elle se fait une grande place à force de volonté et d’abnégation ; enfin ce sont les grandes écoles comme Khâgne, X, Louis-le-Grand au curricula initiatique où elle a réussi avec brio la propédeutique puisqu’elle est en seconde année, avec validation de tous ses cours : beaucoup ont abdiqué devant la sévérité des conditions d’études dans ces grands établissements mais pas Diary Sow.

La réalité dépasse toujours la fiction.

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