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La Ligne du Devoir

Abdoulaye Vilane, l’Enraciné Ouvert

Abdoulaye Vilane

Obstinément enraciné,

ouvert mais ancré en Vert

et contre tous

Ses convictions socialistes sont restées plus fortes que la réal-politique de ses camarades de parti dans la gestion de l’après-pouvoir : se contenter d’être à l’antichambre du pouvoir

Rescapé de la vie, Abdoulaye Wilane ne pouvait être qu’obstiné : ancré dans ses certitudes, il avait fait face à la science pour rester en vie alors que, médicalement, ses jours étaient comptés ; sur le plan politique, ses convictions socialistes sont restées plus fortes que la réal-politique de ses camarades de parti dans la gestion de l’après-pouvoir pour se contenter d’être de l’antichambre du pouvoir ; c’est aussi par obstination qu’il secoue le baobab quand il estime l’intérim de la coalition terminé à l’approche de consultations électorales, présidentielles en particulier.

Abdoulaye Vilane le raconte sans aucun trémolo dans la voix : il est un rescapé de la vie : libéré des hôpitaux français et belge après six mois de soins intensifs, ses médecins lui prodiguent une dernière ordonnance : jouir de sa famille pour les prochains six derniers mois de sa vie. Drôle d’oraison funèbre. Vilane (c’est ainsi qu’il écrit lui-même son nom) ne sait plus de quand date cette ultime recommandation ; ce qu’il sait, c’est qu’il est encore en vie et heureux de vivre. À ses médecins traitants européens qui le suivent encore de loin, il renvoie non à un herboriste mais à un horticulteur casamançais auteur du miracle de sa vie, grâce auquel il peut dire aujourd’hui qu’il est un défi à la science blanche.
Ce trait de caractère, on l’observe aussi chez le porte-parole du Parti socialiste quand Wilane reste droit dans ses bottes, à l’opposé de la position de ses camarades :  si Wilane reconnaît l’effectivité de la coalition depuis la perte du pouvoir des Verts en 2000, il reste quand convaincu de la nécessité de se mesurer auprès des populations pour apprécier les retombées des quarante ans de pouvoir et l’ambiguïté de l’électorat sénégalais nostalgique de ce qui n’est plus ou n’est pas encore.
C’est toute l’originalité d’un porte-voix qui estime n’avoir pas dévié de la voie tracée par Senghor et telle que à lui transmise entre Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng.

Il le rappelle à intervalles plus ou moins réguliers, prêchant souvent dans le désert, dans son ésotérisme bien à lui, enflammé souvent, veillant devant les portes du Temple pour voir qui des prétendants peut avoir l’aura et la légitimité historique de relever le défi.  Au nom de l’idéal socialiste bien mal en point sur l’échiquier politique international avec des sociétés virant de plus en plus à droite et peu respectueuses de la morale et de l’éthique.

P. MBODJE