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2024 : Macky Sall et son vice-président

Présidentielle 2024

Macky Sall et son

vice-président

Et si Me Wade avait anticipé sur 2024 en proposant en 2009 le poste de vice-président ?

« Effacé » le 30 août 2012 après la grande contestation du 23 juin 2011, le poste de vice-président contenu dans la révision constitutionnelle du 02 juin 2009 aurait peut-être aidé à régler la situation compliquée dans laquelle se trouve Macky Sall aujourd’hui : il lui faut ne pas dévaluer Macky Sall par un choix d’autant plus contestable et ridicule que les auto-sélectionnés font rire.

Le scénario imaginé dès 2020 prévoyait le retour du poste de Premier ministre auquel s’adosseraient trois super-ministères d’Etat, le temps devant permettre une sélection naturelle entre ces quatre mousquetaires. Après avoir longtemps hésité parce qu’il ne rejetait pas une autre candidature (second quinquennat), Macky Sall a du battre en retraite un peu tard, se faisant ainsi rattraper par le temps inexorable : faute de recul nécessaire, la majorité risque de ne pas se souder autour d’un consensus qui n’est pas la marque de fabrique de l’Alliance pour la République, l’ancienne principale force de la majorité

Certaines prétentions manifestées le 05 Juillet dernier font déjà craindre le pire dans la désignation des candidats à la succession de Macky Sall côté majorité : le Sen de l’Apr a en effet enregistré des candidats à la candidature dont l’un au moins fait rire tant il préfigure le soldat inconnu.

Si Muhammad Boun Abdallah Dionne, Abdoulaye Daouda Diallo et Amadou Bâ font bonne figure, ils pêchent dans la percée électorale aussi bien à Gossas qu’à Dakar même, d’une part cependant que  l’homme de Podor également a un relief purement local et serait aussi bien connu ailleurs qu’une curiosité comme Aly Niane sous Abdou Diouf, malgré sa longévité sous l’Alliance pour la République.

Macky Sall rassure certes, en partant de la Nation et de la raison plutôt que de l’émotion, comme il l’a prouvé depuis ce fameux 3 juillet qui fait son jour de gloire internationale ; il reste que le jeu de la subtilité a toujours été dans son Adn, au point que même ses amis doutent de la sincérité de l’homme. Surtout que les errements dans la suppression des postes marquent une certaine ambiguïté quand, dans les faits, la Primature et la vice-présidence semblent ancrées dans l’architecture démocratique du Sénégal : l’une et l’autre sont en effet aujourd’hui la solution à une situation d’incertitudes que le partage aurait peut-être aidé à absorber mieux.

Si l’émotion devait l’emporter dans le choix du candidat de la majorité, Abdoulaye Daouda Diallo reste le favori sur lequel Macky Sall n’a jamais fait mystère en le portant au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Amadou Ba reste du domaine du possible, même si les relations avec le président de la République sont juste du domaine du tolérable ; il est cependant la bonne carte sur le plan de la pénétration sociale et des investissements auxquels il a consentis autour de lui, dans le social.

Mouhammad Boun Abdallah Dionne,  l’homme lisse, serait la surprise du chef : sans coterie politique et sans stress lié à Gossas sa localité d’origine, Boun Abdallah est un candidat idéal : technocrate de valeur sans aspérité, il a mené un combat plus global que local ; il aurait certainement mieux traversé la crise de la Covid-19 de triste mémoire qui a accentué la fracture sociale dans laquelle s’est engouffré un Ousmane Sonko. Il aura toutefois contre lui sa propension à jouer à Nostradamus dans ses moments de transport. Sur ce chapitre, Amadou Ba est plus équilibré, au point de paraitre emprunté.

Jumaaha Mubarak !

P. MBODJE