GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

18 Safar: Les célébrations marines

Merci Grand-frère

Tu auras constaté toi-même et c’est heureux que nous échangeons sur cette question au lendemain de la célébration du Magal et qu’aucun chercheur ne s’est véritablement penché sur cette question.

Il s’agit d’un navire de petite taille (longueur = 91 mètres) mais je trouve sa vitesse bonne (10 nœuds). Bien sûr il s’agit de la vitesse maximale et non pas de la vitesse moyenne (obtenue en faisant le rapport de la distance en miles à la durée du trajet en jours).

Le livret de bord fournit exactement des informations sur l’itinéraire suivi par le navire ; le voyage dure plus d’une semaine entre le Sénégal et le Gabon. Un pétrolier qui avance à la vitesse moyenne de 12 nœuds couvre la distance en 8 jours donc pour une vitesse de 10 nœuds, nous devons compter environ 10 jours. Sa date d’arrivée au Gabon (un port existait-il à Mayombo ? ) n’est pas toujours citée ; je pourrai la déterminer en partant de l’information selon laquelle Serigne Touba a séjourné au Gabon 7 ans, 7 mois et 7 jours.

Serigne Touba a quitté le Sénégal presqu’à la fin de l’hivernage mais sur la destination qui a été la sienne, l’état de la mer n’est pas toujours idéal durant cette période. Le livre de bord, indépendamment de l’itinéraire emprunté, fournit des informations précieuses sur les «  événements de mer » rencontrés.

Serigne Touba se trouvant à bord du navire, quelle a été sa capacité à dompter éventuellement les événements de mer qui ont surgi ?

Je voudrais pouvoir m’assurer qu’aucune rencontre majeure entre Serigne Touba et la mer ne s’est produite en dehors de la « prière sur l’eau ».

Si je tiens également à retrouver l’itinéraire, celui-ci devrait nous permettre de situer exactement le lieu de la « prière sur l’eau » : la grande communauté mouride et tous les chercheurs doivent aujourd’hui se pénétrer de l’idée que le jour n’est pas loin où des «  célébrations marines » de ce départ en exil de Khadimou Rassoul devront être organisées.

Il a été au contact de la terre, il a été également au contact de l’eau, sur des itinéraires précis, avec des «  événements de mer » connus aussi bien sur la route de son voyage vers Mayombo, que du voyage retour.

Samory Touré, l’Almamy, est mort au Gabon ; il n’a pu effectuer que le voyage aller… Serigne Touba est revenu, après 7 ans, sept mois et sept jours ; quelles pierres a-t-il semé dans l’eau de l’océan atlantique ?

Mes questions pour le moment restent sans réponse et cela me pèse beaucoup….

J’ai posé une question aux chercheurs qui est restée à ce jour sans réponse : quel a été le trajet maritime exact du navire «  le Pernambouc » à bord duquel ils ont embarqué Serigne Touba (paix à son âme) le 18 Safar 1895, à destination du Gabon ? Si le livret de bord du Commandant dudit navire a été conservé dans les archives de la marine française, cette information pourra être livrée.

-Si ? Il faut en être sûr, pour le soufi qui dort en toi. En France, certainement, et je n’y vais pas avant 2024.

-Tu as parfaitement raison Grand-frère

Les chercheurs sont tout à fait en mesure de retrouver cette information en France. Je vais insister.

-Ce serait un pas de géant pour l’histoire religieuse telle que tu l’as posé : quel est l’itinéraire du Pernambouc ?

 

Serigne Fallou Mbacké

“Ville de Pernambouc” est le nom du paquebot à bord duquel Cheikh Ahmadou Bamba embarqua le samedi 21 septembre 1895 pour être exilé au Gabon par les colons après le fameux Conseil privé de St-Louis. Sur ce bateau il aura à affronter d’autres épreuves dont : l’hostilité affichée de l’équipage, la ruée d’un taureau déchaîné vers sa sainte personne et dont il fut miraculeusement préservé, etc.

Rappelons que Pernambouc est une ville et port du Brésil, capitale de l’État de Pernambouc (1,2 million d’habitants, ville industrielle) fondée par les Portugais en 1548.

Caractéristiques du paquebot :

longueur : 91 mètres

largeur : 11 mètres

jauge brute : 2.170 tonneaux

port en lourd : 8.740 tonnes

propulsion : machine compound- 2 chaudières cylindriques

puissance : 1.000 CV

vitesse : 10 nœuds

1 cheminée

 

Histoire du paquebot :

Lancé le 10 janvier 1882 aux Forges et chantiers de la Méditerrannée à La Seyne pour la Compagnie des Chargeurs Réunis. Assure la ligne d’Amérique du Sud-Le Havre-Montevideo pour cette compagnie. Assure après 1900 la ligne de Madagascar où il est stationnaire pour la même compagnie. Vendu aux Messageries maritimes en mai 1905 pour assurer le même service. Démoli à Marseille en novembre 1907.

Je poursuis la recherche documentaire : le site de la marine française.

L’information devrait se trouver à Nantes ; le Pr Abdoulaye Ly a effectué de longues recherches dans les ports de Nantes et de Bordeaux pour écrire son livre «  La Compagnie du Sénégal ».

L’inauguration du Canal de Suez a eu lieu le 15 août 1869 (la jonction des eaux). L’Emir Abd el-Kader était présent ; il avait été invité par les Français

L’eau est un élément important…

Libreville a été le dernier port. Auparavant le navire a effectué trois escales :

 

Conakry

Cotonou (Dahomey)

Grand Bassam (une ville près d’Abidjan que je connais bien car j’ai vécu et travaillé trois ans à Abidjan)

Nous trouverons ensemble la «  relation à la mer » de Khadimou Rassoul, Serigne Touba.

%d blogueurs aiment cette page :